Présentation trufficulture en Ardèche

Présentation trufficulture en Ardèche

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Janvier 2016

Etat des lieux

 

Présentation du syndicat

Créé le 12 Janvier 1973 à l'initiative d'un groupe de trufficulteurs passionnés, il œuvre sur toute la partie calcaire de l'Ardèche, il s'est donné pour missions:

  • _D'encourager le développement de la trufficulture par l'accroissement des surfaces plantées.
  • d'obtenir la reconnaissance de l'existence de la trufficulture en Ardèche et l'obtention d'un programme d'aides à la plantation auprès des pouvoirs publics.
  • D'apporter des appuis techniques aux candidats à la plantation par des diagnostics de sol, des conseils de gestion d'une truffière, des informations et des formations à caractère techniques et législatifs.
  • D'organiser des commandes groupées de plants mycorhizes contrôlés auprès de différents pépiniéristes.
  • De suivre en partenariat avec le CRPF une truffière expérimentale de 0,45ha implantée au domaine du Pradel.
  • De faire reconnaître la culture de la truffe en Ardèche comme une culture à part entière pouvant participer à la diversification des sources de revenu des agriculteurs et au développement de l'agrotourisme.
  •  

Le syndicat est adhérent à la fédération Régionale  Rhône Alpes qui elle-même est adhérente de la Fédération Française de Trufficulture. La Fédération Française participe à divers organismes qui œuvrent à l’ échelle Européenne.

Depuis quelques années le nombre d’adhérents progresse régulièrement : 36 en 2007, plus de 70 en 2014, 93 en 2015.

Evolution de la trufficulture Ardéchoise  dans le temps

 

Nous sommes les héritiers d'une longue tradition trufficole. Historiquement la région Rhône Alpes a toujours été une région productrice.

 

D'après Chatin

Années

Estimations de la production

 

1868

151 tonnes

 

1880

145 tonnes

Moyenne sur les années

1970

12,6 tonnes

 

1980

10 tonnes

 

2000

6,7 tonnes

 

L'Ardèche pour sa part commercialisait 25 tonnes en1868 et 30 tonnes en 1889 alors qu'en 2000 elle ne produisait plus qu’environ 1 tonne.

D'après Chatin à la fin du 19iè siècle il existait des marchés à Privas, Aubenas, Rochemaure, Bourg Saint Andéol, Largentière.

Plus tard un marché s'est créé à Ruoms  Suite au déclin de la production tous ces marchés ont disparu, le dernier fût celui de Ruoms jusqu'aux années 95-2000.

 

 

Les raisons de ce déclin sont multiples.

 

Toutes les truffes provenaient de la cueillette dans les bois .

L’exode rural a eu pour conséquence une fermeture du milieu ,due principalement à la disparition du pastoralisme ;parallèlement une augmentation incontrôlée de la population de sangliers a accentué le phénomène de destruction des truffières sauvages .Enfin l'évolution climatique que nous connaissons avec une baisse de la pluviométrie et une modification de sa répartition dans l'année  représentent autant de facteurs qui ont fait disparaître la truffe du milieu sauvage

Dans les années 90 à 2000 le conseil Général de l’Ardèche a subventionné la relance de la trufficulture en versant des aides à la plantation et à la remise en culture de surfaces agricoles abandonnées. Cette opération s’est déroulée sous le contrôle du syndicat, elle a eu pour effet une très nette augmentation des surfaces plantées avec des plants qui n’était pas malheureusement tous de bonne qualité. Puis le syndicat s’est mis en sommeil, les aides aussi.

Nous souhaitons redynamiser la filière truffe en Ardèche, c’est pourquoi nous souhaitons  faire un état des lieux des plantations existantes en Ardèche pour pouvoir ensuite la développer car nous sommes persuadé qu’elle est porteuse d’un  potentiel économique pour l’Ardèche.

 

Les acteurs de la filière

Aujourd’hui les producteurs  sont : des retraités de tous horizons y compris de l’agriculture, quelques investisseurs, des actifs passionnés de la truffe et quelques  agriculteurs.

La commercialisation  se fait soit en vente directe soit par l’intermédiaire de marchés de gros comme ceux  de Richerenche ou d’Uzès qui ne sont malheureusement pas en Ardèche.

C’est la raison pour laquelle depuis 2011 nous avons souhaité faire revivre le marché de gros de Ruoms et quelques marchés de détail avec le soutien très actif de la municipalité de Ruoms.

Il n’existe plus de conserveur en Ardèche, le dernier ayant cessé son activité il y a quelques années.

 

Atouts et faiblesses de la filière trufficole en général et  ardéchoise en particulier

Les atouts

 

La demande mondiale est supérieure à la production actuelle et la truffe est une produit qui a une image de produit naturel très lié à la gastronomie française.

Depuis quelques années la recherche fondamentale et la recherche appliquée ont permis de mieux commencer à comprendre le cycle de la truffe, quels sont les conditions de sa formation ; de son développement, comment elle se nourrit.

Le  gènome de quelques truffes a été établi et de nouvelles recherches sont en cours par exemple pour établir le lien qui peut exister entre terroir et arômes.

Des agriculteurs passionnés travaillent à la mise en place de méthodes culturales nouvelles, en partenariat avec de organismes de recherche, pour raccourcir la durée entre plantation des arbres et mise en production de truffes tant en France que dans d’autres pays européens, Italie et Espagne principalement.

Des pépiniéristes se sont spécialisé dans la production de plants mycorhisé qui sont contrôlés par l’INRA ou le CTIFL ce qui apporte au planteur plus de fiabilité dans la qualité de la mycorhisation  de ses plants.

Grâce à l’organisation pyramidale de la profession le troisième protocole entre la Fédération Française et le Ministère de l’Agriculture a pu être signé.

Nous disposons d'un terroir favorable à la truffe sur tout le sud du département et le long de la vallée du Rhône.

En Ardèche la trufficulture ne sera pas en concurrence avec d’autres cultures mais au contraire elle va permettre une reconquête d’espaces qui ont été délaissés par les autres cultures qui demandent une mécanisation très importante. Elle permettra ainsi l’apport de nouveaux revenus aux agriculteurs et à toutes personnes qui participera à la reconquête des parcelles aujourd’hui délaissées.

Cette culture ne nécessite que très peu d’eau car il faut faire des apports localisés, peu nombreux, à des périodes bien définies qui sont là pour permettre au champignon de se développer mais pas à l’arbre de grandir.

L’Ardèche possède un potentiel touristique de premier plan, sous l’impulsion du Conseil Général le département s’est doté de structures nouvelles: musée de la préhistoire à Orgnac, musée archéologique d’Alba, Espace de restitution de la grotte Chauvet, réserve des gorges de l’Ardèche il faut les faire vivre…

Les structures d’accueil pour les visiteurs de l’Ardèche  sont saturées en été mais vides en hiver donc elles représentent autant de places disponibles pour permettre de recevoir de nouveaux visiteurs de notre département en période hivernale. Pour cela il faut créer des circuits découverts comprenant visites de sites remarquables, étapes savoureuses, expériences sur le terrain rencontres avec les hommes qui animent ce département.

La trufficulture peut jouer un grand rôle dans la construction de ces circuits et ainsi contribuer à développer l’économie de notre département.

 

Les faiblesses actuelles.

Les surfaces  plantées sont insuffisantes, la formation des trufficulteurs actuels et celle des futurs planteurs sont insuffisantes, la diffusion des progrès de la recherche reste encore confidentielle.

Le nombre de nos restaurateurs qui  exploitent les possibilités offertes par la cuisine autour  des différentes truffes : truffes d’hiver mais aussi truffes d’été doit pouvoir augmenter.

Peu d’évènements sont organisés   autour de la truffe en Ardèche ce qui fait dire souvent : « ha bon il y a des truffes en Ardèche ? »

Les liens entre tourisme et truffes restent à construire.

 

Evolutions souhaitées par le Syndicat

Nous souhaitons développer la trufficulture en Ardèche en s’appuyant sur les atouts pour atténuer progressivement  les faiblesses.

Pour ce faire il est nécessaire de professionnaliser la trufficulture sans la dénaturer c’est-à-dire en s’appuyant sur la passion qui anime les trufficulteurs actuels qui doivent rester les animateurs de cette évolution.

 La culture de la truffe doit devenir une activité agricole à part entière, elle doit se rapprocher du monde agricole, pour être reconnue.

Le syndicat doit pouvoir offrir aux trufficulteurs actuels les formations, stages, visites. Leur permettant d’être informés des nouvelles techniques culturales, de l’évolution de la recherche.

Il doit servir d’interface entre la recherche et les trufficulteurs, entre les différentes administrations et les trufficulteurs, cela suppose des moyens de communication et une structure  adaptés.

Il faut pouvoir former les futurs agriculteurs à cette culture et donc  tisser des liens avec les organismes de formation agricole.

La truffe étant un produit noble, fragile  et cher, les futurs restaurateurs doivent être initiés à l’art de sa préparation d’où un partenariat nécessaire  avec les organismes de formation de la profession hôtelière.  Ce travail doit se faire en partenariat avec les restaurateurs actuels.

 La trufficulture  doit sortir de sa marginalisation et  peu à peu se défaire de son voile de secrets.

Cela suppose la mise en place d’un statut du trufficulteur et une harmonisation de la fiscalité à l’échelle de la France le tout  négociés par la Fédération Française des trufficulteurs et les pouvoirs publics.

En Ardèche compte tenu des réalités du terroir qui a un potentiel pour  la truffe et du développement actuel  de la trufficulture dans d’autres régions de France et d’autres pays européens il faut que la trufficulture ardéchoise utilise tous ses atouts.

Elle doit devenir un des acteurs des mises en place du nouveau développement touristique en Ardèche.

Nous devons également réfléchir avec nos  partenaires à la meilleure façon de permettre aux consommateurs de reconnaitre les spécificités de la truffe ardéchoise.